Official site of Rikka AYASAKI, Paris-based artist

Art criticism *Rikka Ayasaki, intuitive painter*





D´ici et d´ailleurs
First edition

HERMANN
Publication  2016.10.12

The point of view of the intuitive poet
In a recent article titled « Some trends of contemporary art and their deep roots », published in the second edition of For an intuitive Art, *1,I briefly described the work of Rikka Ayasaki this way:

Rikka Ayasaki, in addition to geometric paintings,« sumi-e » on canvas inspired by Japanese inks, creates indisputably intuitive paintings that can be classified between representational art and abstract art, in which colours blaze in a frenzied and twirling dance, producing their own material and their own shapes.

I should have added that three tendencies are emerging from this painter's work, a series titled « Passions » which combines the colours of western art with the unique oriental shades, a series titles « Windows » made up of ink paintings on canvas, and a series titled « Black and White », paintings on Japanese Washi paper. The series « Windows » is inspired by the Japanese technique of sumi-e, using only black ink. The achievement of the painter is real, since she cannot correct anymore the painting she created, as is possible with oil painting for example. The painter has to concentrate herself before painting on the canvas, feel in harmony with nature and deeply meditate. Sumi-e, that we could tend at first to assimilate to geometric painting, is therefore much more than that. It is spiritual art. In his essayConcerning the Spiritual in Art and in Painting in particular, Kandinsky has in a perfect way analyzed the spiritual dimension of art, and in particular of the effect of colour.

If, in the « Black and White » paintings on Japanese Washi paper, still respecting an oriental tradition, Rikka Ayasaki does not use all the colour range as is, on the contrary, the tradition in the western world, notably in Europe, she does it, and in a really masterly way, in the « Passions» series, to which I was alluding before.

This is to say that her work is becoming a crossroad between cultures. This transculturalism gives an extremely rich dimension to her palette, all the more that it appears to result from an amazing mastery. The goal is to reach the celestial, through the effect of transparency. Here, it is not the poet anymore who makes himself the « thief of fire », the fire of intuitive flash. According to me, this type of painting requires from the spectator a lecture which is intuitive in itself, since in this case, one definitely reaches « the second vital result of the contemplation of colour, which provokes a vibration of the soul », as Kandinsky declares in Concerning the Spiritual in Art.*2Intuition does not try to interpret itself, but manifestsitself on the canvas in a brilliant way, everything coming from sensation. The painting resulting from a flash, depending on the immediacy of feelings, although being different and more modern, reminds the mastery and genius of painters like Turner or the Monet of the waterlilies. The object « made intuitive », seen in its dazzling reality, is so stunning that it cannot manifest itself clearly but only in a certain fuzziness of intuition. The colours, of an unbearable beauty, as with Chagall for instance ­ talking only of the exceptional genius of the colorist ­, dissolve themselves in each other. The lines, the outlines do not exist, even the horizon itself fades in such a way that we do not know anymore if what we see is abstract or figurative art, as in the most puzzling paintings of Turner and Monet, notably, whom I just mentioned. It happens that it is nor the former nor the latter, but painting arisen out of intuition, what I call« intuitionism ».

*1 Editions D´Ici et D´Ailleurs, Meaux, 2011. Première édition, Anagrammes / La Tilv, Perros-Guirec, Les Celtes suivis de Pour un Art de l´intuition, 2003.
*2 1954. Gallimard, folio essais, 1989, p. 107.

For these reasons, I consider Rikka Ayasaki to be one of the greatest modern painters. One can find in her style what characterizes the work of some contemporary poets or writers, like Yves Bonnefoy ou Philippe Jaccottet, or, in the oriental field the painter and writer Gao Xingjian (2000 Nobel Prize for litterature, year that cannot be more symbolic for new art), whose essay For a new Aesthetic I had mentioned back in 2003 in my For an intuitive Art, which advocated an intuitive art moving away from the concept - as does also Yves Bonnefoy -, drawing a bridge between East and West.

I consider that Rikka Ayasaki is moving in a similar space. At first glance, when I discovered her work in an art gallery in Paris, I understood that I was dealing with one of the greatest intuitive artists of our times. I think that Gao Xingjian would not contradict me, he who, when he is painting, and although his country of origin is China, almost always uses ink only and he who does not stop advocating a non-conceptual art arising out of the deepest intuitions of the artist, art that necessarily borders on the spiritual, as Asia teaches us so well.

Eric Sivry - Proffeseur, Writer, Poet -
(Translation)

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Ce sont des «moments de silence» que cherche à éterniser l´artiste peintre Rikka Ayasaki à travers ses toiles oniriques. Dans son atelier parisien, Rikka Ayasaki a pris l´habitude d´observer seule, au loin, par une grande fenêtre, un ciel embrasé qui ouvre la voie de la plus parfaite poésie. Par la peinture, l´artiste tente de saisir les instants uniques d´une réalité qui fuit sous nos yeux, qui se dérobe inexorablement dans le temps.
Avec la série intitulée «Passions», huiles sur toiles, consacrée à cette contemplation généreuse d´un ciel au rythme impérieux, l´artiste livre une démonstration de puissance dans une atmosphère évanescente. Claudel écrit que «la poésie ne peut exister sans l´émotion». Ici, la sensibilité de l´artiste Ayasaki nous porte vers les contrées d´un lyrisme fulgurant et sans limites.

Si le motif retenu semble être, somme toute, classique -l´observation de la nature et de l´élément-, il n´en est cependant pas moins inédit dans le traitement nouménal. Considérant attentivement la réalité, accumulant l´énergie de ces mouvements fugaces de masses nuageuses et la force de cette immensité azurée et flamboyante, l´artiste intériorise la scène vécue pour en délivrer l´inspiration substantielle. Même si elle aimerait se projeter dans l´mmédiateté, sa peinture opère plus lentement afin d´accorder toute la sensualité nécessaire à ce moment d´abandon. Il s´agit là d´un autre regard, d´une manière neuve de revoir l´espace, de s´exprimer par l´essence même de ce qui a été perçu. La réalité est distillée et pourtant, tout n´est que suggestion.

Cette démarche puise sa source dans la technique du sumi-e pour laquelle Rikka Ayasaki a une affection particulière et un lien très étroit. Et pour cause, l´artiste use depuis de nombreuses années de la peinture à l´encre sur papier japonais mais aussi sur toile. Cet art du sumi-e, dans lequel la nature joue un rôle important, est une méditation, une réflexion qui se trame avant même la réalisation du dessin, la préparation des matériaux et l´acte de peindre. Sorte d´exercice spirituel lié à la contemplation, cette peinture orientale, constituée seulement d´encre noire, ne permet «aucune erreur car lorsque le dessin est raté, on ne peut pas y revenir», comme aime à le souligner l´artiste. C´est, tout à la fois, une philosophie et un enjeu de la peinture.
Rikka Ayasaki va plus loin dans cette philosophie et jette une passerelle habile, dans ses compositions actuelles, entre la simplification la plus élevée d´une couleur unique de la peinture orientale et la richesse de la palette chromatique de la peinture occidentale. En abordant ce large ambitus de coloris avec une maitrise des techniques picturales, l´artiste crée, au sein de son oevre, les conditions d´un syncrétisme audacieux entre Occident et Orient.

Mais l´artiste ne doit pas se cantonner à un schéma, aussi complet soit-il, du trait qui va nourrir sa composition. Elle doit avoir dans sa conscience et avant même de commencer, l´ensemble visuel de ce que sera le résultat final de son observation intérieure. Il s´agit pour Ayasaki d´appréhender le souvenir des mouvements et de les traduire par la couleur, par l´harmonie, par la symbiose. Cela ajoute une complexité dans l´oeuvre car ce qui est requis n´est pas une représentation conforme à la réalité donnée, mais une vision très personnelle et un dépassement du visible.

Dans l´étourdissement des couleurs et l´éclat insolent de la lumière allusive et immatérielle, que l´artiste délivre avec une sensibilité exacerbée, le regardeur va être amené à partager ces fragments de temps arrêté et à comprendre l´expérience comme s´il en était l´acteur, voire le complice. L´éblouissement que provoquent l´explosion de la palette et la gestuelle de la main de l´artiste, irradie toute la toile par des couleurs appliquées au couteau, au pinceau ou à la brosse. Avec une intensité parfois appuyée, chacune de ces touches rouge orangé, carmin et jaunes s´harmonise parfaitement avec des valeurs de bleu, de turquoise, de violet ou de vert qui tracent des sens de lectures multiples. L´oeil et l´esprit voyagent ainsi dans la vigueur de la composition qui reste entière et se renouvelle sans cesse par une sublimation exaltée du ciel.

La profondeur de l´oeuvre est assurée par des contrastes saisissants, et si le relief est parfois marqué de quelques empâtements de matières, l´artiste dit favoriser le jeu de la transparence, à la fois fragile et révélatrice d´une quiétude, d´une sérénité en résonance avec le ressenti.

Ayasaki joue délibérément avec la perception de l´oeil et les déclinaisons situées à mi-chemin entre figuration et abstraction. Le regardeur aura toute la liberté d´interpréter ce mélange et de rejoindre l´émotion traduite. Car l´artiste ne cherche aucunement à expliquer, mais bien à faire agir,à transmettre, à épanouir pleinement par son art.

Si le but de la peinture était pour Poussin une délectation, l´oeuvre de Rikka Ayasaki est une invitation au plaisir de lire une poésie qui s´empare de l´âme par les correspondances spirituelles, inexprimables en elles-mêmes, mais permises par la contemplation et le resplendissement de ces ciels transcendés.

Rodolphe Cosimi, critique d´art, mars 2011

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